mercredi 18 décembre 2013

Les entreprises devraient-elles prendre en compte le multiculturalisme ?

Introduction

Bien que l’American Way of Life se soit peu à peu répandu dans le monde au cours des dernières décennies, force est de constater que certaines cultures résistent encore et toujours à l’envahisseur. Si on laisse de côté la fameuse « exception culturelle » française, on peut se demander si les entreprises devraient ou non prendre en considération le fait que la culture de leurs clients n’est pas toujours la même.


I.              Le multiculturalisme comme support de la croissance des groupes

Terroir quand tu nous tiens…
Tout d’abord, on peut dire que prendre en compte les différences culturelles peut servir d’argument de vente. Ceci permet surtout de se différencier sur un marché où la concurrence ne le fait pas (encore). D’une certaine manière, on peut dire que les produits du terroir sont un moyen de valoriser des produits locaux issus d’une culture locale, permettant ainsi de les vendre plus cher et dans la région concernée et dans les autres.

Non, les clients ne sont pas tous des clones !
De plus, le consommateur sentira que ce faisant, la firme s’intéresse à lui. Stratégie plutôt portée par le secteur du haut de gamme et du luxe que du low-cost. En d’autres termes, le multiculturalisme permet d’augmenter la compétitivité hors-prix de l’entreprise.

Le prix du choc
Enfin, il peut éviter à la FMN de subir un fiasco total ou de voir son image se dégrader. Les vaches sont des animaux sacrés en Inde, aussi Mc Donald’s a-t-il remplacé par du poulet la viande de ses produits pour éviter de choquer le consommateur indien et s’attirer les foudres de toutes les castes. Dans ce cas, Mc Donald’s a en quelque sorte dû prendre cette différence culturelle en compte, pour éviter de voir son image et ses ventes en pâtir. Autre exemple, si Victoria Secret faisait une grande campagne de publicité en Arabie Saoudite avec ses Anges en petite tenue, il y a fort à parier que quelques religieux y trouveraient à redire. Publiquement au moins…


À première vue, le multiculturalisme est donc un allié du développement des entreprises. Néanmoins, il peut aussi constituer un obstacle à leur croissance.

II.            Le multiculturalisme comme vernis superflu

Quel multiculturalisme ?*
Ne soyons pas manichéens, le multiculturalisme n’est pas nécessairement la nouvelle poule aux œufs d’or du marketing. En premier lieu, quel multiculturalisme ? Il faut se poser la question de la limite. Si l’Inde dont nous avons parlé possède sa propre culture, justifiant une adaptation de certains produits au marché, on ne peut pas dire qu’il faille revoir sa stratégie de développement lorsque l’on veut s’implanter en Bretagne ou en Corse du fait de la culture locale. N’en déplaise aux habitants de ces charmantes contrées.

Un choix coûteux
Ensuite, si on prend le point de vue de la FMN, s’adapter encore et toujours finit par coûter cher. Trop cher. Toute entreprise cherchant à prospérer a également comme objectif de faire baisser ses coûts, sauf circonstances exceptionnelles. De facto, la firme ne prendra en compte le multiculturalisme que si les bénéfices sont supérieurs aux coûts.

Les limites du multiculturalisme
Pour achever cette (passionnante) partie, on peut souligner le fait que les intéressés ne veulent parfois pas du multiculturalisme. Un exemple entre mille qui en vaut cent. Un Chinois moyen rêve d’aller manger à Mc Do plutôt que du riz cantonais. Je m’explique. Abandonner certaines habitudes de consommation au profit d’autres est parfois une preuve d’ascension sociale. Consommer ou même manger selon des standards occidentaux est une avancée prodigieuse dans certains pays. De fait, les consommateurs peuvent vouloir au contraire que la firme ne change pas d’un iota ses produits.**


Conclusion

On voit donc que la prise en compte du multiculturalisme dépend de la culture du client. Ce qui peut sembler tout à fait paradoxal et laisser pantois. D’une manière générale, on peut synthétiser tout notre propos en disant que les stratégies reposant sur le multiculturalisme ont deux origines : l’absence de choix ou la volonté de différencier le client (stratégie du luxe).


* * *


Une toute dernière chose, dans la catégorie grandes marques de luxe qui joue le multiculturalisme, il serait bon de citer Hermès avec Shang Xia je pense. Je vous laisse vous renseigner dessus.

Si vous tombez dessus en anglais, ou sur quelque chose y ressemblant, n’hésitez pas à consulter cet article.


* il ne s’agit pas ici d’un « toutes les cultures se valent-elles ? » (auquel au demeurant la réponse est non) mais bien de voir celles qui sont susceptibles ou non de repousser des produits acceptés dans le monde entier du fait de leurs spécificités.

** on peut toujours après embrayer sur les problèmes écologiques liés au fait que le monde entier veuille son hamburger.

mardi 17 décembre 2013

Should firms take multicultural differences into account?

Les entreprises devraient-elles prendre en compte le multiculturalisme ? (voir cet article pour un traitement complet du sujet). 

Si l’envie vous vient (ou l’obligation) de traiter ce sujet dans la langue de Shakespeare, voilà quelques informations qui pourraient vous être utiles.


Noms
Multiculturalisme : multiculturalism
La croissance : the growth
Une analyse coût-bénéfice : a cost-benefit analysis 
Le luxe : luxury
Un client : a client
Un consommateur : a consumer

Verbes :
Constituer un obstacle : to hamper
Consommer : to consume

Adjectifs :
Sacré : sacred, holy
Compétitif : competitive

Expressions :
S’élever socialement : to climb the social ladder
Sous aucun prétexte, sans exception : under no circumstances

Connecteurs logiques :
Je vous invite à consulter cette publication pour devenir incollable sur ce point. 


samedi 9 novembre 2013

La Prospérité du vice

Paru en 2009, La Prospérité du vice de Daniel COHEN brosse un formidable portrait de la pensée économique d'Adam Smith à nos jours. 
Le questionnement central réside dans deux questions : comment l'Europe qui domina le monde a-t-elle pu finir sa course dans le "suicide collectif" et quels sont les risques pesant sur l'humanité ?

La démonstration de COHEN est brillante. Le livre ne comporte pas une seule équation mais fourmille de théories économiques et auteurs, ainsi que d'informations ayant trait à l'histoire, ou encore quelques données chiffrées indispensables. 
Si l'on peut regretter le fait que l'historien Fernand Braudel n'y figure pas, cet ouvrage n'en reste pas moins une excellente introduction aux sciences économiques. 

Agréable à lire, il ne manquera pas d'intéresser un large public : M. Tout-le-monde par sa capacité à introduire l'économie et son style d'écriture limpide, n'importe quel étudiant en série ES car les principales théories économiques y sont expliquées clairement, et enfin un étudiant de classe préparatoire y trouvera le support d'une réflexion économico-historique adjointe de nombreux exemples et chiffres. 

Pour celles et ceux qui néanmoins ne voudraient pas le lire, un fiche de lecture reste à votre disposition. 

mercredi 30 octobre 2013

Library

De nombreux ouvrages ont été ajoutés à la bibliothèque, découvrez-les vite :

ESSAIS



ROMANS


TEXTES

mercredi 23 octobre 2013

Quel est le véritable objet du désir ?

Le désir est qualifié par Platon de « bête multiforme et polycéphale ». C’est donc qu’il porte sur de nombreux objets. Parmi ceux-ci, certains se détachent-ils de la masse pour constituer ce que l’on pourrait nommer le « véritable » objet du désir ?

Cette dissertation corrigée est constituée d’un plan en 3 parties et 10 sous-parties (4 pour le I et le II et 2 pour le III). En-dessous des titres de chaque sous-partie figure ce qu’il faudrait développer dans le paragraphe : thèses, arguments, exemples, citations, auteurs et ouvrages.

Les transitions sont également présentes, ainsi que des éléments pour l’introduction (les définitions par exemple).


Auteurs convoqués : Platon, Aristophane, Freud, Schopenhauer, Girard, Spinoza, Pascal, Kojève et Lipovetsky.



Plan :

I / L’obscur objet du désir
II / L’unique objet du désir
III / Le sujet du désir

jeudi 17 octobre 2013

Comment lutter contre la pollution ?

Ce sujet paraît très vaste, il est effectivement un peu. Est-il pour autant dur ? Sans doute puisqu'il fut posé en oral à HEC... ! Donc attention, le sujet est large, d'où l'importance d'avoir un bon plan et de ne pas se laisser emporter par la masse d'informations convocable. 

Les erreurs à ne pas commettre :

  • Le hors-sujet : comme toujours, il ne faut pas tomber dans ce travers. Pourtant il est facile d'y succomber en se demandant en I par exemple s'il est possible de lutter contre la pollution... Pire encore, un plan en 3 parties avec : I (on peut lutter contre la pollution), II (mais c'est difficile), III (comment donc peut-on lutter contre la pollution ?). 
  • Ne pas connaître les principales théories et auteurs : dans ce sujet, il y a deux grandes théories et deux grands auteurs à convoquer. Lesquels ? Si vous n'avez toujours pas trouvé : il s'agit bien évidemment de Arthur C. PIGOU et de Ronald COASE.
  • Le catalogue / l'énumération : partant du postulat que ces théories sont maîtrisées, il ne faut pas non plus cataloguer sur 8 pages ou durant 20 minutes toutes les méthodes et solutions possibles et imaginables pour lutter contre la pollution.
  • Raconter sa vie : si vous pratiquez le tri sélectif, c'est tout à votre honneur. Mais le correcteur s'en moque. En revanche, vous pouvez penser à toutes les "bonnes habitudes" que l'on peut adopter (et que vous avez ou non adoptées) pour apporter un peu de concret dans votre argumentation, des exemples, et montrer qu'à l'échelle d'une simple personne on peut agir de nombreuses manières. 
Plans proposés :

Je vous propose deux plans. Ils sont tous les deux simples dans leur formulation, donc vous ne risquez pas de vous embrouiller dans vos arguments, et surtout la correction en sera grandement facilitée pour le correcteur. Rappelez-vous bien qu'un plan simple et compréhensible (de tous) mais présentant de nombreux arguments pertinents est plus à rechercher que le plan tortueux où l'on ne sait quoi ajouter lorsque l'on a écrit les titres des différentes parties. 

Plan 1

Un plan facile, le plus facile, en 2 parties. Honnêtement, c'est celui qui devrait vous venir, à mon avis, le plus vite à l'esprit. Il repose sur la connaissance des deux théories principales sur les moyens de lutter contre la pollution - j'ai nommé PIGOU et COASE. 

Ainsi, dans une partie on traitera la solution de l'un, et dans l'autre celle de celui qui vous reste. Il semble que ce plan soit à proscrire en raison de sa simplicité. Mais, son grand avantage réside justement dans cette simplicité, d'autant plus qu'il est rassurant puisqu'il ne convoque rien de métaphysique. Pour se démarquer et remplir ses sous-parties, il faut viser plusieurs choses :
  • confronter théorie et pratique
  • avoir une perspective historique : les solutions ont-elles été déjà appliquées ? où ? avec succès ? etc. 
  • bien développer les théories, même chose pour les exemples et la pratique. Par exemple, on peut imaginer faire un graphique pour représenter le principe du marché des quotas. 

Plan 2

Ce plan est tout aussi simple - il est en effet lui aussi en 2 parties - mais il a ma préférence. 

Il s'agit de se rendre compte d'une chose simple : on lutte contre la pollution car pollution il y a. Néanmoins, le meilleur moyen de lutter contre la pollution n'est-il pas d'éviter de polluer ? À partir de là, vous aurez compris les deux axes de ce plan : en I les moyens de lutter contre la pollution ex ante ; et en II ceux ex post. En I, on peut typiquement parler de l'éducation ; tandis que dans le II on convoque les auteurs sur lesquels repose le plan 1. 

Variante

On peut imaginer à partir du plan 2 une variante en 3 parties. En I, on garderait les solutions ex ante. Tandis que l'on scinderait le II en deux parties, chacune traitant d'une théorie. En somme, on garde le I du plan 2 auquel on rajoute les deux parties du plan 1. 

mercredi 2 octobre 2013

Écoles et auteurs (économie)


Antiquité
·      ARISTOTE/PLATON


Mercantilistes (début XVIe – milieu XVIIIe)
·      RICHELIEU
·      Jean-Baptiste COLBERT
·      A. de MONTCHRESTIEN
·      J. BODIN
·      ORTIZ

Physiocrates (XVIIIe)
·      François QUESNAY
·      Vincent de GOURNAY
·      Pierre Samuel Du PONT de NEMOURS
·      Pierre LE PESANT DE BOISGUILBERT
·    Richard CANTILLON
·   Anne-Robert TURGOT



Classiques
·      Adam SMITH
·      David RICARDO
·      Thomas MALTHUS
·      Jean-Baptiste SAY
·      Karl MARX
·      Bernard de MANDEVILLE


Néoclassiques
·      Stanley JEVONS
·      Alfred MARSHALL
·      Léon WALRAS
·      Carl MENGER
·      Vilfredo PARETO
·      Friedrich von HAYEK

Marxistes
·      Karl MARX
·      Rosa LUXEMBOURG
·      LÉNINE

Keynésien (1930s)
·      John M. KEYNES
·      Joan J. ROBINSON
·      Paul KRUGMAN
·      Joseph STIGLITZ

Néo-keynésien ou Nouvelle École Keynésienne (NEK) (1980s)
·      MODIGLIANI
·      James TOBIN
·      George AKERLOF
·      Gregory MANKIW
Keynésien de gauche
·       
École de la régulation
·      Michel AGLIETTA
·      Robert BOYER
École des conventions
·       Robert SALAIS
Monétariste de Chicago (1950s)
·      Milton FRIEDMAN
·      Robert Emerson LUCAS
·      Eugene FAMA
·      Gary BECKER
Nouvelle École/Économie Classique (NEC) (1970s)
·      Robert BARRO
·      Edward C. PRESCOTT
·      Robert E. LUCAS
Économie de l’offre (supply side economics) (1980s)
·      Arthur LAFFER
·      G GILDER
Institutionnaliste
·      Thorstein VEBLEN
·      John Kenneth GALBRAITH
·      Gunnar MYRDAL
·      Simon KUZNETS
Nouvelle Économie Institutionnelle
·      Douglass NORTH
·      Ronald COASE
Néo-institutionnaliste
·      Oliver WILLIAMSON